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Espagne contre Trump : Sánchez ferme Rota et Morón, Trump menace l'embargo et le Pentagone envisage d'expulser l'Espagne de l'OTAN

Lorsque l’Espagne a refusé aux États-Unis d’utiliser ses bases militaires pour attaquer l’Iran, Trump a répondu en menaçant de couper tout commerce avec l’Espagne. Le Pentagone a divulgué qu'il envisageait de « suspendre » l'Espagne de l'OTAN. Jamais dans l’histoire de l’Alliance aucun membre n’a été expulsé. La tension bilatérale avec Washington est la plus forte depuis l’avènement de la démocratie.

Par Marta Ferrer··4 min de lecture·
L'Espagne nie les bases de Rota et Morón en pleine crise avec Trump

L'Espagne nie les bases de Rota et Morón en pleine crise avec Trump

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes coordonnées contre des cibles iraniennes, au début de ce qui allait devenir la guerre en Iran. Dans les heures qui ont suivi, la Maison Blanche a contacté ses alliés de l’OTAN pour demander leur soutien. Certains pays européens ont offert un soutien défensif limité. L'Espagne constitue l'exception la plus frappante : le gouvernement de Pedro Sánchez a formellement refusé aux forces américaines l'utilisation des bases militaires conjointes de Rota (Cadix) et de Morón de la Frontera (Séville) pour des opérations offensives contre l'Iran.

La réponse de Donald Trump a été immédiate et s'est intensifiée au cours des semaines suivantes. Le 3 mars, devant la presse sur la pelouse de la Maison Blanche, le président américain a annoncé qu'il pouvait "arrêter tout ce qui touche à l'Espagne, toutes les entreprises liées à l'Espagne" et qu'il avait le droit de décréter un embargo. «L'Espagne n'a absolument rien dont nous avons besoin, à part des gens formidables. « Ils ont des gens formidables, mais ils manquent d’un grand leadership », a déclaré Trump, établissant cette distinction caractéristique entre le peuple espagnol et son gouvernement. La troisième fois que Trump a publiquement critiqué l'Espagne depuis le début du conflit, il a été encore plus direct : "Ils ne coopèrent pas du tout. Ils le font vraiment mal.

La position de Sanchez et sa logique

Le gouvernement espagnol a une position cohérente en termes de droit international, bien que politiquement risquée. Sánchez a qualifié ces attaques d'« action militaire unilatérale » en dehors du cadre du droit international, soulignant que l'Espagne ne peut pas prêter ses bases à des opérations qu'elle considère comme contraires à ce droit. Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a rejeté les affirmations de la Maison Blanche selon lesquelles il y avait une coopération espagnole, insistant sur la « cohérence » de la politique étrangère espagnole.

La position espagnole a un soutien constitutionnel : l'article 97 de la Constitution attribue au gouvernement la direction de la politique étrangère et de défense. L'accord de coopération en matière de défense avec les États-Unis, qui réglemente l'utilisation de Rota et Morón, établit que les bases sont espagnoles et que l'Espagne peut refuser leur utilisation pour des opérations qui n'ont pas son approbation. Il n’existe aucun mécanisme juridique dans le Traité de l’OTAN pour expulser ou suspendre un membre : la seule issue est volontaire. Techniquement, l'Espagne a raison.

Espagne-OTAN-USA. · Chronologie du conflit

  • 28 février 2026 : début de la guerre en Iran · L'Espagne refuse l'utilisation de bases pour des opérations offensives
  • 2 mars : les États-Unis retirent leurs avions ravitailleurs de Rota et Morón vers les bases d'autres alliés
  • 3 mars : Trump menace de couper tout commerce avec l'Espagne · Bessent confirme la viabilité juridique de l'embargo
  • 11 mars : l'Espagne retire son ambassadeur d'Israël · Trump attaque à nouveau : "Ils ne coopèrent pas du tout"
  • Avril 2026 : le Pentagone divulgue à Reuters qu'il étudie la possibilité de "suspendre" l'Espagne de l'OTAN (sans mécanisme juridique pour le faire)
  • Mai 2026 : l'Espagne et les États-Unis renouvellent l'accord de coopération en matière de défense pour un an supplémentaire

La menace de l'OTAN : symbolique mais puissante

La fuite du Pentagone vers l'agence Reuters au sujet d'une éventuelle "suspension" de l'Espagne de l'OTAN a été le moment de plus grande tension de la crise. L'agence de presse américaine a accédé à un courrier électronique interne du Pentagone qui contenait diverses options pour « avertir » les alliés européens qui s'étaient opposés à la guerre en Iran. Parmi ces options figuraient la suspension de l'Espagne de l'Alliance atlantique et une révision de la position américaine sur la souveraineté des Malvinas.

Les juristes internationaux et les experts juridiques de l'OTAN ont souligné presque unanimement que la « suspension » n'a aucune base juridique : le Traité de l'Atlantique Nord n'envisage pas un tel mécanisme. Ce que les États-Unis peuvent faire, c’est retirer leurs forces des bases espagnoles – ce qui impliquerait de ne pas renouveler l’accord de coopération en matière de défense – et réduire leur engagement défensif envers l’Espagne au sein de l’Alliance. Le renouvellement de l'Accord en mai 2026 suggère que, du moins pour le moment, la relation bilatérale survit aux tensions, bien que dans un état de fragilité sans précédent.

Dépenses de défense : l'autre front

Le débat sur les dépenses de défense espagnoles est étroitement lié à la crise populaire. L’Espagne est le seul pays de l’OTAN qui n’a pas atteint l’objectif de 2 % de son PIB en dépenses militaires, et Trump exige que tous ses alliés atteignent 5 %, un chiffre qu’aucun pays européen n’atteint même de loin. Sánchez a annoncé un plan visant à augmenter les dépenses de défense, mais la rapidité et l'ampleur de cette augmentation font l'objet d'un débat interne au sein de la coalition gouvernementale, où Sumar s'oppose à des augmentations substantielles du budget militaire.

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