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L'Espagne et la guerre en Iran : 150 manifestations dans les rues, le retrait de l'ambassadeur israélien et la position qui isole Sánchez en Europe

Le 14 mars 2026, 150 manifestations simultanées ont parcouru les villes espagnoles contre la guerre en Iran. Le 11 mars, l'Espagne avait retiré son ambassadeur d'Israël. Ce sont les conséquences visibles d’une politique étrangère que Sánchez défend comme fondée sur des principes et que ses détracteurs qualifient de dangereusement isolationniste au sein de l’OTAN.

Par Marta Ferrer··3 min de lecture·
150 manifestations en Espagne contre la guerre en Iran

150 manifestations en Espagne contre la guerre en Iran

La position de l'Espagne concernant la guerre en Iran n'est pas née de nulle part. Cela a un antécédent direct dans la réponse espagnole au conflit de Gaza, qui a conduit le gouvernement Sánchez à être l’un des premiers pays européens à reconnaître l’État palestinien et à critiquer publiquement l’action militaire israélienne. Lorsque les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran ont commencé le 28 février 2026, l’Espagne avait déjà construit un discours de politique étrangère basé sur la défense du droit international, le soutien à la solution à deux États au Moyen-Orient et le rejet de toute action militaire unilatérale.

L'application cohérente de ce récit a conduit à trois décisions qui ont ébranlé la diplomatie espagnole et internationale. La première était de refuser les bases militaires de Rota et Morón pour des opérations offensives contre l’Iran. La seconde a été le retrait de l'ambassadeur espagnol d'Israël le 11 mars, invoquant « l'escalade du conflit ». Le troisième était le refus d'augmenter les dépenses de défense jusqu'au niveau de 5 % exigé par Trump, arguant que l'objectif de 2 % de l'OTAN était le niveau approprié.

La protestation citoyenne : la plus grande depuis le non à la guerre de 2003

Le 14 mars 2026, 150 manifestations simultanées ont eu lieu dans différentes villes espagnoles contre la guerre au Moyen-Orient. La mobilisation a été large, variée et massive dans les grandes villes. A Madrid, la manifestation centrale a rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Parmi les organisateurs figuraient des organisations pacifistes, des partis de gauche, des groupes de solidarité avec la Palestine et des groupes religieux. En parallèle, 200 personnalités culturelles ont signé un manifeste contre les attaques contre l'Iran. L'ambassade des États-Unis à Madrid a demandé à ses citoyens d'éviter les rassemblements.

Les analystes politiques espagnols soulignent que la dimension des manifestations a une véritable composante d'opposition citoyenne à la guerre et une composante de mobilisation politique organisée par les partenaires gouvernementaux de Sánchez - en particulier Sumar, qui dirige une partie de la coalition et qui a l'opposition à la guerre comme l'un de ses principaux axes identitaires. Il est difficile de séparer les deux composantes, mais l'ampleur de la mobilisation suggère qu'il y a plus que des partis politiques derrière les manifestations.

L'Espagne face à la guerre en Iran · Position et conséquences

  • 28 février 2026 : début de la guerre · L'Espagne condamne les attaques comme une « action unilatérale »
  • 2 mars : l'Espagne refuse les bases de Rota et Morón pour des opérations offensives
  • 11 mars : l'Espagne retire son ambassadeur d'Israël
  • 14 mars : 150 manifestations contre la guerre dans toute l'Espagne · 200 personnalités culturelles signent un manifeste
  • Frictions avec les alliés : la position espagnole contraste avec celle de la France, de l'Allemagne et de l'Italie (soutien défensif limité)
  • Soutien interne des citoyens : large selon les enquêtes · entre 60 et 70 % rejettent la participation militaire espagnole

La position espagnole au sein de l'Europe : cohérence ou isolement ?

Dans le cadre européen, la position de l'Espagne est la plus éloignée de l'axe atlantique. La France, l’Allemagne et l’Italie, bien qu’avec des nuances, ont offert un certain soutien défensif aux opérations américaines, sans y participer directement. Le Royaume-Uni est allé plus loin. L'Espagne est le pays qui a dit non le plus clairement et le plus publiquement, ce qui a généré un malaise diplomatique même parmi ses partenaires communautaires qui partagent les critiques du conflit mais ne veulent pas détériorer de la même manière leurs relations avec Washington.

Sánchez défend la cohérence de la position espagnole : si les actions militaires violent le droit international, l'Espagne ne peut pas en être complice, quel que soit celui qui les mène. Ses critiques – en Espagne et à l’étranger – soutiennent que la politique étrangère ne peut pas reposer uniquement sur des principes, que l’Espagne a des obligations d’alliance qu’elle ne peut ignorer de manière sélective et que le coût de l’isolement diplomatique avec le partenaire le plus puissant du monde peut être très élevé à long terme. L'accord renouvelé sur les bases de Rota et Morón suggère que les parties ont trouvé un équilibre fragile pour éviter une nouvelle escalade du conflit bilatéral, mais la tension sous-jacente demeure.

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